Le dépôt du capital social se fait avant l’immatriculation, sur un compte bloqué ouvert auprès d’une banque traditionnelle, d’une banque en ligne, d’un établissement de paiement habilité ou d’un notaire. Le dépositaire contrôle les fonds et les justificatifs (projet de statuts, pièces d’identité, liste des souscripteurs), puis remet une attestation de dépôt des fonds à joindre au dossier transmis au guichet unique. Après l’inscription au RCS, l’extrait Kbis sert à débloquer l’argent sur le compte professionnel. Le choix du prestataire se joue surtout sur le délai, le coût et le niveau d’accompagnement juridique attendu.
- Où : banque, banque en ligne, établissement de paiement ou notaire. La Caisse des dépôts et consignations n’assure plus ce service depuis 2021.
- Quand : après la rédaction des statuts (au moins en projet) et avant l’immatriculation.
- Qui : le futur dirigeant ou toute personne mandatée ayant reçu les apports des associés.
- Pièces clés : statuts ou projet de statuts, pièces d’identité, liste des souscripteurs avec le montant versé par chacun.
- Délai : de 12 heures ouvrées à plusieurs jours selon le dépositaire pour obtenir l’attestation.
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Dépôt capital social : quelles sociétés doivent bloquer leurs fonds
Le dépôt préalable sur un compte bloqué est obligatoire pour les sociétés commerciales qui reçoivent des apports en numéraire : SARL, EURL, SAS, SASU, SA, SNC. Il conditionne l’immatriculation, car le greffe a besoin d’une preuve que l’argent annoncé dans les statuts existe bien et qu’il a été mis de côté au nom de la future société.
Les entrepreneurs individuels et les micro-entrepreneurs ne sont pas concernés : ils n’ont pas de capital social. Pour les sociétés civiles, le dépôt reste facultatif, ce qui laisse plus de souplesse à une SCI familiale. Dans ce cas, l’effort de rédaction porte davantage sur les clauses statutaires, et notre guide Objet social SCI aide à formuler une activité cohérente avec le projet immobilier. Une association, comme toute Non commercial organisation, fonctionne sans capital social : elle n’a donc rien à déposer, même si elle ouvre un compte bancaire.
Capital souscrit, capital versé, capital libéré : trois notions à ne pas confondre
Le capital souscrit correspond à l’engagement pris par chaque associé dans les statuts. Le capital versé est la part effectivement apportée en argent lors du dépôt. Le capital est dit libéré lorsque la totalité de la somme promise a été payée. Seuls les apports en numéraire et en nature entrent dans le capital ; un apport en industrie (savoir-faire, réseau, temps de travail) donne des droits à son auteur mais n’augmente jamais le montant du capital social.
Déposer le capital social dans une banque traditionnelle
La banque de réseau reste la voie la plus connue. Le créateur prend rendez-vous en agence, présente son projet et ouvre un compte de dépôt temporaire, bloqué jusqu’à la production du Kbis. Les associés y versent leur apport, le plus souvent par virement ou par chèque. L’avantage tient à la relation humaine : le conseiller qui reçoit le capital est souvent celui qui gérera ensuite le compte professionnel, les moyens de paiement et une éventuelle demande de prêt.
Les contreparties sont connues. Il faut compter plusieurs jours, parfois davantage, entre le premier rendez-vous et la remise du certificat du dépositaire. Des frais de dépôt peuvent s’appliquer, ou bien la banque les intègre à une offre de compte professionnel avec engagement. Comparez donc le coût global sur la première année, pas uniquement le prix de la formalité.
Dépôt du capital social en ligne : néobanques et établissements de paiement
Plusieurs banques en ligne et établissements de paiement proposent un parcours entièrement dématérialisé : ouverture du compte depuis une application, envoi des statuts et des pièces d’identité par téléchargement, virement des associés, puis réception de l’attestation par courriel. Certains acteurs annoncent une attestation sous 12 heures ouvrées après réception et vérification des fonds ; d’autres évoquent 24 à 72 heures. Ces délais ne courent qu’une fois le dossier jugé complet.
Cette rapidité s’accompagne de conditions à lire avant de souscrire :
- formes juridiques acceptées parfois limitées (SARL, EURL, SAS, SASU le plus souvent) ;
- nombre maximal d’associés ou montant minimum de capital imposés par certaines offres ;
- versement par virement uniquement, sans chèque ni espèces ;
- obligation de conserver ensuite le compte professionnel chez le même prestataire, avec un abonnement mensuel.
Pour un fondateur seul qui crée une EURL ou une SASU avec un capital modeste, cette solution est souvent la plus fluide. Elle convient moins à un tour de table nombreux ou à des associés résidant à l’étranger, dont la vérification d’identité peut ralentir le dossier.
Bloquer les fonds chez un notaire : sécurité juridique et coût plus élevé
Le notaire peut recevoir les apports sur le compte de son étude et délivrer le certificat de dépôt. Son intérêt dépasse la simple consignation : il relit les statuts, vérifie la cohérence entre les apports et la répartition des titres, et repère les montages fragiles. C’est pertinent quand le projet mêle apports en nature, bien immobilier, nombreux associés ou pacte d’associés à sécuriser.
Le principal frein reste le prix. Les honoraires dépendent de l’étude et de la mission confiée, et ils dépassent nettement ceux d’un dépôt bancaire ou en ligne. Si le notaire rédige aussi les statuts, l’arbitrage devient plus favorable, car la prestation forme un tout.
Et la Caisse des dépôts et consignations ?
Historiquement, la Caisse des dépôts et consignations recevait les fonds avec un blocage d’au moins quinze jours. Ce service a été arrêté en 2021 (les sources divergent sur la date exacte, entre janvier et juin). Certaines fiches anciennes la citent encore : ne perdez pas de temps à la contacter pour une création en 2026.
Comparatif des dépositaires pour le dépôt de capital
| Dépositaire | Délai indicatif pour l’attestation | Coût | Accompagnement | Points de vigilance |
|---|---|---|---|---|
| Banque traditionnelle | Quelques jours à plus d’une semaine | Frais de dépôt variables ou inclus dans une offre pro | Conseiller en agence, relation durable | Rendez-vous nécessaire, engagement sur le compte pro |
| Banque en ligne ou établissement de paiement | 12 heures ouvrées à 72 heures selon les offres | Souvent compris dans un abonnement mensuel | Support à distance | Formes juridiques, nombre d’associés ou montant parfois restreints |
| Notaire | Variable selon l’étude | Honoraires plus élevés | Conseil juridique complet | Pertinent surtout pour les montages complexes |
| Caisse des dépôts | Service supprimé | Sans objet | Sans objet | Plus de dépôt possible depuis 2021 |
Ces repères évoluent souvent : les tarifs et délais annoncés par les prestataires doivent être vérifiés au moment de la souscription, en lisant les conditions générales plutôt que la seule page d’accueil.
Documents à fournir pour déposer le capital social
La liste exacte varie d’un dépositaire à l’autre, mais le socle reste stable :
- les statuts signés ou, selon les établissements, un projet de statuts non signé ;
- une pièce d’identité en cours de validité pour chaque associé personne physique ;
- un extrait Kbis récent et les statuts de toute société associée ;
- la liste des souscripteurs indiquant l’identité de chacun, le nombre de titres souscrits et les sommes versées ;
- un justificatif de domicile du dirigeant ou de l’adresse du siège ;
- parfois un justificatif de provenance des fonds, notamment pour des montants importants.
Ce dernier point surprend souvent les créateurs. Les établissements ont des obligations de lutte contre le blanchiment : ils peuvent demander un relevé bancaire, une attestation de donation, un acte de vente ou une offre de prêt. Préparer ces pièces à l’avance évite la plupart des blocages.
Étapes du dépôt jusqu’au déblocage du capital après le Kbis
- Rédiger les statuts et fixer le montant du capital. Pour une SARL, une EURL, une SAS ou une SASU, un capital de 1 euro est juridiquement possible, même si un montant aussi faible fragilise la crédibilité auprès des partenaires.
- Collecter les apports. La personne qui reçoit les fonds des associés pour le compte de la société doit les déposer rapidement, dans les huit jours suivant leur réception pour une SARL.
- Ouvrir le compte bloqué et transmettre les justificatifs au dépositaire.
- Obtenir l’attestation de dépôt des fonds, document nominatif qui récapitule les déposants et les montants. Les termes certificat du dépositaire et attestation de dépôt désignent en pratique la même pièce.
- Immatriculer la société via le guichet unique des formalités des entreprises, qui a remplacé les CFE. Le greffe du tribunal de commerce contrôle le dossier et inscrit la société au registre du commerce et des sociétés.
- Débloquer le capital en envoyant l’extrait Kbis au dépositaire. Les fonds deviennent alors disponibles sur le compte professionnel pour les premières dépenses.
Le capital débloqué appartient à la société, pas aux associés. Il sert à financer l’activité et ne constitue pas un placement personnel : pour faire fructifier une épargne privée, d’autres supports existent, comme le montre notre article Diversifier son patrimoine avec la SCPI, une solution accessible à de nombreux épargnants.
Libération du capital selon la forme juridique : SARL, EURL, SAS, SASU
Tous les apports en numéraire n’ont pas à être versés dès le départ. Les règles de libération partielle diffèrent selon la forme choisie :
| Forme | Part minimale à verser lors du dépôt | Délai pour verser le solde |
|---|---|---|
| SARL et EURL | Au moins un cinquième des apports en numéraire | 5 ans à compter de l’immatriculation |
| SAS et SASU | Au moins la moitié des apports en numéraire | 5 ans à compter de l’immatriculation |
Les appels du solde sont décidés par le dirigeant selon les besoins de l’entreprise. Une libération partielle soulage la trésorerie des associés, mais certains partenaires, banquiers en tête, regardent le capital réellement versé.
Apports en nature et commissaire aux apports
Un véhicule, du matériel, un fonds de commerce ou un logiciel apportés à la société ne passent pas par le compte bloqué. Ils sont évalués dans les statuts, en principe avec le rapport d’un commissaire aux apports désigné à l’unanimité des associés ou, à défaut, par décision de justice. Des dispenses existent sous conditions de montant pour les SARL et les SAS ; leur application mérite d’être vérifiée avec un professionnel, car une surévaluation engage la responsabilité des associés.
Dossier refusé, fonds bloqués ou société jamais immatriculée
Un dépositaire peut refuser ou suspendre un dossier pour plusieurs raisons : pièce d’identité expirée, incohérence entre les statuts et les montants reçus, virement émis depuis le compte d’un tiers non identifié, provenance des fonds insuffisamment justifiée. La correction passe généralement par l’envoi d’un document complémentaire ou d’un nouveau versement depuis le bon compte.
Si le projet est abandonné, les fonds ne sont pas perdus. Lorsque la société n’est pas immatriculée dans les six mois suivant le dépôt, tout apporteur peut demander la restitution de sa mise, soit individuellement, soit par un mandataire commun selon la forme sociale. Avant ce délai, un retrait anticipé suppose l’accord de l’ensemble des associés et dépend des modalités prévues par le dépositaire.
Choisir où déposer son capital social selon son profil
Trois parcours types aident à trancher :
- Créateur seul, capital en numéraire de quelques milliers d’euros : une banque en ligne ou un établissement de paiement offre en général le parcours le plus court, avec une attestation reçue en un à trois jours ouvrés.
- Trois ou quatre associés, besoin d’un prêt à la création : la banque traditionnelle qui financera le projet est souvent le meilleur interlocuteur, car le dépôt ouvre la discussion sur le crédit.
- Société avec apport d’un bien ou montage patrimonial : le notaire, ou au minimum un juriste, sécurise l’évaluation des apports et la rédaction des statuts.
Pour les porteurs de projets de l’économie sociale et solidaire, le dépositaire choisi pour le capital devient souvent la banque du quotidien : regarder ses engagements, ses offres dédiées aux structures collectives et sa capacité à accompagner la croissance a donc du sens dès cette étape. Une fois la société immatriculée, d’autres leviers de financement peuvent compléter les fonds propres, et l’article Les avantages du SPFE pour dynamiser votre entreprise en présente un exemple.
Peut-on verser le capital social en espèces ?
Certaines banques en agence acceptent encore des espèces dans des limites précises, mais la plupart des dépositaires, et la quasi-totalité des acteurs en ligne, exigent un virement depuis le compte personnel de chaque associé. Le virement laisse une trace qui facilite le contrôle de la provenance des fonds.
Combien de temps l’argent reste-t-il indisponible sur le compte bloqué ?
Les fonds restent bloqués jusqu’à la transmission de l’extrait Kbis au dépositaire. Avec le guichet unique, l’immatriculation prend généralement de quelques jours à quelques semaines selon la qualité du dossier et la charge du greffe.
Le dépositaire peut-il être différent de la banque du compte professionnel ?
Oui. Un notaire ou un établissement peut recevoir le capital, puis transférer les fonds débloqués vers le compte professionnel ouvert ailleurs. Beaucoup d’offres en ligne imposent toutefois de rester client pour profiter d’un dépôt rapide.
Les associés doivent-ils tous faire la démarche eux-mêmes ?
Non. Une seule personne agissant pour le compte de la société, en général le futur dirigeant, centralise les apports et les justificatifs. Dans les parcours en ligne, chaque associé vire souvent sa part directement sur le compte bloqué, ce qui simplifie la traçabilité.
Faut-il refaire un dépôt lors d’une augmentation de capital ?
Une augmentation de capital en numéraire suit une logique proche : les nouveaux fonds sont déposés sur un compte spécifique, un certificat du dépositaire est établi, puis la modification est déclarée au registre du commerce et des sociétés.